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Bouteilles à la mer

Bouteilles à la mer

Réflexions sur la métaphysique, Dieu, la spiritualité, les religions, la science, la société et la politique

Inexistence ou existence

Inexistence ou existence

Ne plus croire au Père Noël

Impossible de prouver l'inexistence de Dieu

L'autre monde fruit de l'imagination ?

Ce monde-ci ne se suffit pas à lui-même

Dieu

La seule preuve possible de l'existence de Dieu

 

Ne plus croire au Père Noël

 

Pendant la guerre civile d'Espagne, un journal anarchiste avait publié, à Barcelone me semble-t-il, douze preuves de l'inexistence de Dieu. Douze preuves, rien que cela, pour démontrer l'inexistence d'une entité qui était censée ne pas exister !

 

Démontrer l'inexistence de quoi que ce soit n'est pas toujours facile. Néanmoins un enfant à qui on aura fait croire au Père Noël finira par se persuader de son inexistence et ira même jusqu'à en apporter la démonstration à son petit frère ou à sa petite sœur qui y croyait encore. Ne plus croire au Père Noël c'est accéder avec fierté à l'âge de raison.

 

Pour les athées, et j'en étais, croire en Dieu c'est un peu comme croire au Père Noël. C'est une fixation dans un état pré-logique, une fermeture qui peut, selon les circonstances, conduire au pire fanatisme.

 

Mais si la logique était bien du côté de l'athéisme il devrait être possible d'apporter au moins une seule preuve, à défaut de douze, de l’inexistence de Dieu.

 

Impossible de prouver

l'inexistence de Dieu

 

D'abord, Dieu, on est bien obligé de préciser de quoi on parle. Communément, on peut se représenter Dieu comme un personnage qui règne dans un autre monde : le Ciel, on dit aussi les Cieux car ils seraient sept, un monde peuplé d'archanges, d'anges, de séraphins, de chérubins ou d'autres personnages identifiés par les différentes religions.

 

Depuis cet autre monde, Dieu intervient dans le nôtre qu'il a lui-même créé. Il nous dicte des lois auxquelles on doit obéir sous peine de susciter sa colère. On doit l'honorer pour mériter sa bienveillance.

 

Prouver l’inexistence de ce Dieu est hors de portée car il est censé appartenir à cet autre monde dont les lois nous échappent complètement puisque, précisément, il est autre. Impossible alors de les opposer à l'existence du personnage Dieu.

 

On pourrait aussi douter de l'existence de cet autre monde. S'il n'existe pas, exit Dieu, les archanges, les anges, les séraphins et les chérubins. Mais comment prouver l'inexistence de cet autre monde ? S'il est autre c'est bien qu'il n'obéit pas aux lois de notre monde. On n'a donc rien à lui opposer.

 

L'autre monde

fruit de l'imagination ?

 

On peut cependant envisager l'inexistence de cet autre monde sous un autre angle : et s'il n'était que le fruit de l'imagination des hommes ?

 

L'être humain a du mal à confesser son ignorance. Si, face à un événement il n'a pas d'explication, il en invente une, aussi farfelue soit-elle. Ce sera un mauvais sort ou un chat noir qui aura traversé la rue juste à ce moment là !

 

On peut toutefois remarquer à ce stade que l'autre monde fruit de l'imagination des hommes n'est qu'une hypothèse qui demande elle aussi à être vérifiée. Une échappatoire possible est de prendre cette hypothèse comme postulat et de voir si ce postulat nous conduit à une absurdité ou, à tout le moins, à une perception appauvrie de la réalité.

 

Ce monde-ci

ne se suffit pas à lui-même

 

Posons donc qu'il n'y a pas d'autre monde, que ce monde-ci se suffit à lui-même. Mais quel monde au juste ?

 

Regardons de vieilles cartes postales d'avant la première guerre mondiale : une foire à bestiaux avec des paysans en blouse et chapeau rond présentant leurs bêtes ou bien une place de Paris avec un dandy à canotier et une midinette en robe à faux-cul.

 

Où sont tous ces gens ? Ils sont tous morts. Où est leur monde ? Il n'est plus. Là où était le foirail il y a aujourd'hui un parking. La place de Paris est reconnaissable mais les boutiques ne sont plus les mêmes, des feux rouges sont apparus. Ce qui reste de la place n'est qu'une coquille. La chair, tout ce qui faisait la vie de ces gens, n'est plus. Leurs joies, leurs soucis, leurs projets, leurs amours, tout cela n'est plus.

 

Et nos joies, nos soucis, nos projets, nos amours, tout cela ne sera plus. Alors, quel est le monde qui se suffit à lui-même puisque disparaissent tour à tour ces mondes que, les uns après les autres, nous aurons vécus ?

 

L'autre monde est assurément l'objet de beaucoup de fantasmes, mais ce qui est donc certain c'est que ce monde-ci, qui borne notre horizon, ne se suffit pas à lui-même. Le sentiment d'incomplétude que nous pouvons en avoir est parfaitement justifié.

Tout se ligue cependant pour nous détourner de respecter une distance d'avec ce monde. Le culte du plaisir immédiat, le narcissisme, la société du spectacle, tout cela répandu dans l'air du temps tend à nous faire coller à ce monde sans le moindre recul. Dieu disparaît complètement du paysage.

 

Dieu

 

En conservant une distance d'avec ce monde c'est à Dieu que nous nous ouvrons. Dieu n'est pas ce personnage à peine caricaturé que j'ai évoqué plus haut comme cible d'une éventuelle preuve de son inexistence.

Non, Dieu est d'abord en nous. Notre conscience est une réfraction de sa conscience en notre chair. En arrêtant de nous agripper à ce monde notre conscience retrouve naturellement sa source.

Dieu est l'assurance de notre liberté. Sans Lui nous flottons au gré de toutes sortes de déterminismes : biologiques, sociaux, culturels. Avec Lui notre vie est une aventure en dépit de ces déterminismes.

Dieu est aussi autour de nous, dans la nature, les animaux et bien sûr en notre prochain. Avec Lui nous ne réduisons plus notre prochain à des catégories, nous le découvrons en sa singularité. Éveillés, nous percevons Dieu en lui.

Dieu est aussi au delà de tout. Il est l'Indicible, Cela par quoi il y a quelque chose plutôt que rien, Cela qui crée des univers sans en être jamais diminué lui-même. Dieu n'existe pas, il est l'existence même.

La seule preuve possible

de l'existence de Dieu

 

J'affirme Dieu, mais puis-je prouver son existence ? Directement, non. Car il ne peut se trouver de preuve de l'existence de Dieu indépendante de son existence. Si une telle preuve existait cela voudrait dire qu'elle serait une vérité plus vraie que Dieu. Mais alors le Dieu ainsi prouvé ne serait pas Dieu.

La seule preuve possible de l'existence de Dieu c'est Dieu lui-même. Autrement dit, Dieu est l'évidence première.

L'évidence première se vérifie par ses conséquences. Cette vérification constitue même une preuve indirecte de l'existence de Dieu. L'évidence première apporte unité et cohérence à des notions qui sans elle sont insaisissables et disparates : l'amour, la créativité, la liberté, l'art, la science même, bref tout ce qui fait la vie.

Mais comment percevoir cette évidence ? Les voies d'approche sont multiples. Ce peut être une interrogation métaphysique comme quelle est la cause qu'il y a des causes. Ou une forte émotion artistique qui vous interroge : où le compositeur a-t-il puisé tout cela. Ou la perception que la voie dans laquelle votre vie était engagée n'est qu'une impasse, que finalement vous ne maîtrisez rien du tout. Ou tout simplement une grâce qui vous tombe dessus à l'improviste comme le relate André Frossard dans son livre « Dieu existe, je l'ai rencontré ».

Mais quelque soit l'approche, dès que vous vous rendez à l'évidence de Dieu votre vie en est changée. Une aventure commence qui ne sera jamais une ré-installation mais jusqu'au bout une aventure.

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Commenter cet article

Jyoti 14/06/2016 07:28

Tout à fait d'accord. Quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est aussi l'intuition d'appartenir à un tout plus grand que nous, le sentiment de ne plus être seul. Bonne journée !