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Bouteilles à la mer

Bouteilles à la mer

Réflexions sur la métaphysique, Dieu, la spiritualité, les religions, la science, la société et la politique

Une bonne intuition

Dans l'hebdomadaire catholique La Vie n° 3542 du 18 au 24 juillet 2013, Jérôme ANCIBERRO, rédacteur en chef, publiait un billet intitulé justement "Une bonne intuition" consacré à la bonne intuition qu'aurait eue Jean Paul II en instituant les Journées Mondiales de la Jeunesse.

Par le texte ci-après, que j'ai adressé à La Vie, j'apporte un témoignage personnel sur la source probable de cette intuition.

Une bonne intuition

En 1997, lors des JMJ de Paris, mon bureau était au rez-de-chaussée en face de l'Église Saint François Xavier. De la fenêtre je pouvais voir les hordes joyeuses de jeunes qui passaient sur la place. Ce qui n'était pas sans m'évoquer de vieux souvenirs à la fois très semblables et pourtant très différents.
C'était en août 1953. J'avais adhéré quelques mois plus tôt (promotion Joseph Staline !) au Parti Communiste Marocain alors clandestin et je participais, à Bucarest, au IV ème Festival International de la Jeunesse et des Étudiants. L'atmosphère y était indescriptible : la ville était à nous, nous y circulions à notre guise de spectacles inouïs, comme le cirque mongol ou le théâtre chinois, en concerts ou en rencontres improvisées. Nous vivions la liberté et la fraternité entre jeunes venus des quatre coins de la planète. Et puis quel privilège de respirer l'air d'un pays qui construisait le socialisme alors que tant de pays subissaient l'oppression impérialiste !
Bref, c'était la grande illusion. Rétrospectivement on peut se demander comment le pouvoir stalinien avait pu prendre l'initiative et le risque d'un tel brassage de jeunes avides d'idéal. Il est vrai qu'il y avait des garde-fous :
Ces festivals se tenaient toujours dans la capitale d'une « démocratie populaire ». Il n'était pas question que les jeunes de ces pays puissent aller voir ailleurs. Les déplacements des délégations entre démocraties populaires devaient être eux-mêmes très encadrés comme le suggéraient les contrôles spectaculaires, avec cordons de troupe le long de la voie, qui m'avaient étonné au passage de la frontière entre la Hongrie et la Roumanie, deux pays frères.
Quoiqu'il en soit, Karol Wojtyla avait dû être témoin du énième festival qui s'était déroulé à Varsovie et il avait pu mesurer le formidable potentiel recelé par de tels rassemblements. L'idée que le concept puisse être adapté au rayonnement de l'Église catholique l'avait sans doute déjà travaillé.
En tout cas, devenu le pape Jean-Paul II, il s'en est souvenu et l'a testé avant de passer aux JMJ proprement dits.
Maintenant, que les jeunes qui ont participé aux JMJ en restent humainement et spirituellement marqués, je crois que c'est selon le parcours de chacun. Il est grand le mystère de la foi, les occasions humaines ne sont que des occasions.

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